La déforestation
La forêt amazonienne
La forêt amazonienne est une forêt tropicale humide située dans le bassin amazonien en Amérique du sud. Le bassin amazonien s'étend sur 7 millions de km² et la forêt elle-même sur 5,5 millions de km², situé sur huit pays, essentiellement le Brésil (avec 60% de la forêt), mais aussi l'Équateur, la Colombie, le Venezuela, la France (via le département de la Guyane), le Suriname, le Guyana, la Bolivie et le Pérou. Cette forêt représente plus de la moitié des forêts tropicales restantes. La forêt amazonienne est la région la plus riche et diversifiée de toutes les forêts tropicales existantes.
La déforestation

La déforestation est la diminution des surfaces couvertes de forêt. Ce terme, emprunté récemment à l'anglais nord-américain, est un synonyme actuel de déboisement ou de défrichement, ce dernier renvoyant à l'extension des terres agricoles en Europe au Moyen Âge. Il vise plus particulièrement de nos jours la réduction considérable des forêts tropicales, qui résulte pour beaucoup d'une exploitation excessive de certaines essences et de la volonté de certains pays neufs, comme le Brésil, de développer la présence humaine et les surfaces agricoles dans ces zones.
«Un gaucho, cette année, a par exemple planté 2443 hectares de soja. Est-ce que vous pouvez vous imaginer ce que cela représente : 2443 hectares de forêt détruite et c'est le fait d'une seule personne ! Imaginez qu'il y a des centaines de personnes faisant la même chose en même temps en Amazonie».
Le père Edilberto Moura Sena.

Au cours des 60 dernières années, la culture du soja est passée au Brésil de zéro à plus de 21 millions d’hectares. Après avoir démarré dans les états brésiliens du Sud les plus arides, elle s’est maintenant étendue aux régions centrale et occidentale.
Depuis l’épidémie de fièvre aphteuse de 2001, le soja est devenu un élément de base de l’alimentation bovine en Europe et aux Etats-Unis. C’est pourquoi, pour satisfaire la demande du marché, une grande partie de la production de cette céréale est exportée en Europe et en Chine. De plus, cette petite graine d'origine asiatique est aussi transformée en huile de soja. Elle entre également dans la composition de la majeure partie des produits alimentaires industriels en tant qu'émulsifiant. Enfin, elle pourrait même servir de carburant dans le futur.
En 2003, les exportations de soja ont compté pour 6 % du PIB du Brésil. Le gouvernement brésilien estime maintenant que sa production totale de soja atteindra 63,6 millions de tonnes en 2005. C’est pourquoi la surface consacrée à cette production a augmenté d’environ 50 % dans les quatre dernières années (de 14 millions d’hectares en 1990, à 21 millions d’hectares en 2004). La culture du soja en Amazonie est à l’origine de l’accélération de la déforestation directe du cerrado, où se concentre la production, et d’une déforestation indirecte de l’Amazonie de plus en plus grande, par le déplacement des autres activités agricoles qu’elle déplace.
Ainsi, le Brésil est devenu en très peu de temps le deuxième producteur mondial de soja après les Etats-Unis. Cette culture s'est d'abord développée dans le sud, puis dans le centre-ouest du pays et spécialement dans l'Etat du Mato Grosso. Là, à la bordure de la forêt amazonienne, c'est la savane arborée qui a laissé la place aux plantations de soja. Deux tiers de la production brésilienne de soja se concentrent dans cet Etat.

Au niveau de l'Amazonie
Le soja multiplie les autres causes de déforestation, comme l'explique Philip Fearnside, de l'Institut national pour la recherche en Amazonie : «L'arrivée du soja justifie la construction de routes et le goudronnage de celles-ci pour transporter le soja vers les ports. Cela ouvre donc de nouveaux territoires pour les migrants qui viennent pour d'autres activités comme le bois, l'élevage de bétail ou la spéculation des terres.»
On constate un déséquilibre dans l'Amazonie, tant au niveau végétal qu'animal et climatique. Depuis quelques années, un phénomène de sécheresse est observé au dessus de la forêt. Il y a également de plus violentes précipitations.
Les conséquences climatiques dues à la déforestation ne peuvent encore être établies de manière certaine et scientifique. On constate néanmoins un phénomène réel, la modification de l'écosystème.
Les espèces animales sont chassées à cause de l'agriculture et la nouvelle présence de l'homme "moderne". Certaines espèces ne peuvent s'accomoder à de nouveaux espaces. Il y a donc des disparitions d'espèces animales.
Les espèces végétales elles, disparaissent lors de déforestations. Ceci pose un réel problème pour la biodiversité végétale. La déforestation va limiter cette biodiversité.
Il faut également savoir que si, il y a une disparition d'espèce végétale, il y a disparition d'espèce animale. En effet, l'espèce animale qui se nourrit de cette plante (qui vient à disparaître) à son tour a de fortes chances de disparaître s'il ne peut s'accomoder d'une autre.
Au niveau mondial
L'Amazonie rend en effet de nombreux services environnementaux à la planète. Son rôle de régulateur climatique pour toute l'Amérique latine est menacé. La forêt amazonienne joue par exemple un rôle crucial sur le régime des pluies de tout le Brésil et des pays avoisinants. Déjà l'on enregistre des ruptures provisoires d'approvisionnement en eau potable dans les grandes villes de São Paulo et de Rio de Janeiro.
La déforestation est un des principaux facteurs contribuant à l'effet de serre dû à la combustion ou la décomposition du bois rejettant du dioxyde de carbone dans l'atmosphère.
La plus grande forêt tropicale du monde écocertifiée FSC est gérée par des indiens.
5 janvier 2007, Sylvain Angerand, Les Amis de la Terre
Au cœur de l’Amazonie, dans l’Etat du Para, où le taux de déforestation est l’un des plus élevé du monde, les indiens Kayapo viennent d’obtenir le label de gestion durable FSC (Forest Stewardship Council) pour leur forêt ancestrale. Avec près de 1,5 million d’hectares de superficie, il s’agit de la plus grande surface de forêt tropicale au monde certifiée.

Crédit photo : Priscila Mantelatto (IMAFLORA)
Aux premiers jours d’une nouvelle année, les Amis de la Terre saluent cette bonne nouvelle : « Il s’agit d’une grande victoire pour la protection des forêts tropicales et des peuples qui en dépendent. Avec cette certification, les indiens Kayapo prouvent au monde que ce sont bien les peuples indigènes qui sont les véritables gardiens et protecteurs des forêts tropicales et qu’il existe des alternatives à l’exploitation industrielle des bois tropicaux » explique Sylvain Angerand, chargé de campagne Forêt aux Amis de la Terre.
En effet, l’essentiel des revenus provient non pas de la coupe des bois précieux mais de la récolte de noix du Brésil, les graines d’un arbre (Bertholletia excelsa) que l’on ne trouve que dans la forêt Amazonienne. Avec cette certification internationalement reconnue, les indiens Kayapo pourront vendre leurs produits sur les marchés mondiaux et protéger durablement leur forêt contre les coupeurs de bois et les mafias du soja.
Au delà de cette victoire, les Amis de la Terre souhaitent rappeler que de nombreux peuples autochtones restent menacés par la déforestation, que la plupart d’entre eux n’ont toujours aucun droit sur leur forêt et que, sous couvert de « gestion durable », de nombreux gouvernements ouvrent leurs forêts ancestrales à l’exploitation industrielle des bois précieux : « Il n’y aura de gestion durable des forêts tropicales que lorsque l’on reconnaîtra les droits des peuples indigènes à gérer leur forêt par eux-même. Assez de ces mascarades, où comme en Afrique, des exploitants forestiers coupent encore les arbres sacrés des pygmées contre quelques sacs de riz. Assez de ces labels bidons créés par certains industriels pour vendre du « bois certifié » alors qu’ils détruisent les forêts . Les solutions existent à la crise des forêts tropicales, les indiens Kayapo viennent une nouvelle fois de nous le montrer » conclut Sylvain Angerand.
http://www.amisdelaterre.org/spip.php?article3032
Peuples autochtones des forêts.
26 janvier 2007, Julien Genin, Planète Urgence
Les forêts, tropicales et boréales, constituent l’habitat de nombreux peuples autochtones. Quelques 500 millions de personnes, dont 150 millions d’autochtones, vivent en effet au sein ou à l’orée des forêts tropicales. C’est, par exemple, la situation des Baka du bassin du Congo, des Dayak de Bornéo ou encore des Kayako d’Amazonie.
Une survie menacée…
Le style de vie de ces populations indigènes est intimement lié à l’existence même des forêts : économiquement dans la satisfaction de leurs besoins en nourriture, eau potable et habitat, et socialement par leurs cultures et leurs traditions, notamment spirituelles. Les entreprises (souvent des multinationales du Nord) qui exploitent, dans ces régions, les essences tropicales de bois et le riche sous-sol, et brevètent des variétés de plantes médicinales et/ou alimentaires, abusent des droits des peuples autochtones et les contraignent généralement à fuir et à renoncer à leur vie économique et sociale forestière. Leur survie s’en trouve de plus en plus menacée.
Une note d’espoir…
De part des centaines, voire des milliers d’années de pratiques, les peuples autochtones savent comment gérer et exploiter les ressources forestières de manière durable. Ainsi, les indiens Kayapo au cœur de l’Amazonie (État brésilien du Para) viennent d’obtenir le Label FSC (Forest Stewardship Council) pour la gestion durable de leur forêt ancestrale qui, par sa superficie de 1,5 millions d’hectares, est désormais la plus grande surface au monde de forêt tropicale certifiée. Comme le dit justement Sylvain Angerand des Amis de la Terre : «
http://www.infosdelaplanete.org/article.php?ID=1450
La campagne « soja contre la vie » fait son premier bilan
12 décembre 2006, F. Laby, Actu Environnement
Un an après le lancement de la campagne de sensibilisation des acteurs de la filière soja aux impacts désastreux de cette culture en Amérique du Sud et malgré quelques avancées, les associations regrettent le manque d’implication des responsables.
Interpellés par leurs consœurs d’Amérique du Sud sur l’impact souvent dramatique de la culture du soja sur les communautés rurales et les paysans, le CCFD, la Confédération paysanne, le Réseau Agriculture Durable, le Réseau Cohérence et le GRET ont lancé début 2006 la campagne de sensibilisation et de plaidoyer « Le Soja contre la vie ». Le but de la campagne était de faire prendre conscience aux politiques et aux entreprises consommatrices de soja de leur responsabilité sur l’intensification de cette culture et de ces effets environnementaux et sociaux désastreux.
En effet, la culture du soja en Amérique du Sud, principalement destinée à nourrir les élevages intensifs, en particulier en Europe, est encouragée par des filières agroalimentaires de plus en plus intégrées mondialement. Les campagnes d'Amérique latine sont donc en pleine mutation : au système traditionnel familial se substitue un système plus moderne où les complexes agro-industriels prennent de l’ampleur. Pour maximiser leurs profits, ces agro-industriels produisent exclusivement des organismes génétiquement modifiés et recherchent constamment de nouvelles parcelles. Les moins vertueux d’entre eux récupèrent ces parcelles en supprimant la forêt amazonienne.
En France, la campagne a permis, à travers des pétitions, d’interpeller les acteurs majeurs de cette expansion : les entreprises Cargill et Louis-Dreyfus, qui achètent et transforment le soja, ainsi que le Ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie, qui en approuvant des prêts de la SFI* aux entreprises de la filière soja, contribue à l’expansion de cette culture. Résultats : les pétitions ont reçu près de 100.000 signatures en 10 mois, adressées au Ministre français de l’Économie et des finances, M. Thierry Breton, et une partie d’entre elles interpellant directement les entreprises. Pour les associations, ce succès témoigne de la préoccupation des Français sur les impacts sociaux et environnementaux négatifs de nos choix économiques et de consommation.
De leur côté, les acteurs impliqués ont prêté attention aux critiques mais aux yeux des associations ils n’assument toujours pas leurs responsabilités. L’entreprise Cargill a répondu aux associations en rappelant son investissement aux côtés de l’organisation américaine Nature Conservancy dans la promotion de bonnes pratiques agricoles auprès de fournisseurs et dans l’initiative « table ronde pour un soja responsable ». Mais aux yeux des associations, Cargill minimise l’ampleur de la déforestation en Amazonie en soulignant que la culture du soja ne représente que 0,6% du biome amazonien. Les entreprises n’apportent pas suffisamment de preuves que le soja qu’elles achètent n’est pas issu de cette déforestation même si elles n’en sont pas directement les actrices, déplorent les associations. Paradoxalement, sous la pression de la campagne internationale de Greenpeace, Cargill s’est engagée en juillet 2006 avec les autres acteurs de la filière soja au Brésil à un moratoire de 2 ans sur l’achat de soja dans les zones illégalement déboisées de la forêt amazonienne. Dans le souci de promouvoir notre politique éthique nous avons informé nos fournisseurs et les autorités locales que, dès la prochaine récolte, Cargill n’achètera plus de soja qu’aux producteurs qui respectent le Code de la forêt ou s’orientent activement vers la conformité totale. Ce moratoire obtenu par Greenpeace et par les organisations brésiliennes mobilisées localement constitue un pas important pour freiner la déforestation en Amazonie.
Au sujet des impacts sociaux, Cargill met en évidence les bénéfices de la filière sur l’économie, sur la création d’emplois pour les populations pauvres de l’Amazonie mais n’a pas pu présenter aux associations de données chiffrées sur ces bénéfices supposés pour la population et le développement local.
Chez Louis-Dreyfus Négoce, on reconnaît à l’inverse et oralement les méfaits du soja sur le plan social et environnemental, mais on dégage l’entreprise de toute responsabilité en se retranchant derrière la souveraineté des Etats d’Amérique du Sud, qui ont fait le choix de développer cette filière soja, et auxquels il reviendrait de fixer des cadres afin de la limiter si les conséquences en sont négatives pour le pays.
Concernant les prêts de la SFI, Thierry Breton a répondu en précisant que ces prêts sont subordonnés à un ensemble de standards environnementaux exigeants en matière de promotion de l'agriculture. Mais, selon les associations, ces normes ont été récemment simplifiées et laissent aux entreprises le soin de mener elles-mêmes les études d’impact. Cependant depuis novembre, un dialogue a été engagé avec le Ministère afin que l’administrateur français soit particulièrement vigilant concernant les projets bénéficiant à la filière soja.
Malgré tout, la mobilisation continue pour les associations. Les membres de la campagne vont poursuivre leur soutien aux initiatives en cours en Amérique du Sud. En France et en Europe, le collectif souhaite renforcer la pression auprès du Ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, auprès des entreprises et tout particulièrement à l’occasion de la campagne électorale pour les présidentielles et législatives en 2007 en interpellant les candidats sur leurs choix et programmes sur toutes ces questions.
http://www.actu-environnement.com/ae/news/2129.php4
Un moratoire pour une pousse propre du soja en Amazonie
29 juillet 2006, Chantal Rayes, Libération
Forêt. Au Brésil, des exportateurs s'engagent à ne plus acheter de grain cultivé sur des terres déboisées.
Deuxième producteur et exportateur mondial de soja, le Brésil commence à céder aux pressions en faveur d'une production «responsable» de ce grain qui contribue à la destruction de l'Amazonie. Dans un communiqué, les principaux vendeurs de soja et de ses dérivés les tradings américaines Cargill, Bunge et ADM, le français Louis Dreyfus et le brésilien Amaggi viennent de s'engager à ne pas acheter, à partir du 24 juillet, le grain qui sera planté, légalement ou non, sur des terres d'Amazonie brésilienne déboisées.
Ce «moratoire» a une durée de deux ans, ce qui pourrait le vider de son sens, le soja n'étant généralement planté que trois ans après le défrichement de la terre. Il doit néanmoins servir, selon le communiqué, de période de transition pour la mise en place d'un dispositif de contrôle visant à aider le gouvernement à faire respecter la loi. «Ceux qui cultivaient le soja sur des terres déboisées avant l'entrée en vigueur du moratoire devront régulariser leur situation, souligne Paulo Adario, coordinateur de Greenpeace, qui a négocié la mesure avec les tradings. Cela ne sera possible que pour ceux qui détiennent des titres de propriété valides mais ont dépassé le taux de déboisement réglementaire en Amazonie (20 %). Les cultivateurs, qui ont spolié le domaine public pour y installer leurs exploitations, devraient, eux, intégrer une liste noire.»
Carlos Lovatelli, président de l'Abiove, une des associations signataires, justifie la démarche par les nouvelles restrictions du marché international, en particulier européen, qui s'inquiète de plus en plus de la destruction de l'Amazonie qui aggrave le réchauffement. Les tradings ont cédé à la décision de certains clients tels Marks & Spencer, McDonald's et Asda (chaîne britannique appartenant à Wal-Mart), de boycotter le soja cultivé illégalement dans la plus grande forêt tropicale du monde.
Ces clients ont accepté l'«alliance» proposée par Greenpeace parce qu'ils craignent un boycott du consommateur européen. «Celui-ci est désormais au courant du passif environnemental et social d'une grande partie du soja cultivé en Amazonie», explique Adario.
En avril, après deux ans d'enquête, Greenpeace avait publié un rapport accusant les tradings américaines d'encourager la destruction de l'Amazonie en achetant le soja sans exiger des cultivateurs le respect de la loi. Le rapport dénonçait également le recours au travail forcé dans les tâches de déboisement. Les exportateurs de soja s'engagent aussi à rompre leur contrat d'achat avec les producteurs qui pratiquent cette forme moderne d'esclavage.
http://www.liberation.fr/actualite/terre/196227.FR.php#go
Croisade des ONG contre le soja sud-américain
8 avril 2006, Hervé Kempf, Le Monde
Le développement exponentiel de la culture du soja bouleverse la paysannerie et participe à la déforestation de l'Amazonie. McDonald's vend du poulet. Le poulet est nourri de soja. Le soja est cultivé en Amérique latine. L'expansion de sa culture se fait aux dépens de la forêt tropicale. Donc, McDonald's détruit l'Amazonie. Ce raisonnement est développé par Greenpeace, qui a lancé le 6 avril une campagne contre la culture du soja au Brésil, dénonçant les acheteurs européens de soja et les firmes qui en font le commerce, notamment Cargill.
Mc Donald saccage l'Amazonie
6 avril 2006, Greenpeace
Londres, Royaume-uni : Greenpeace publie aujourd'hui le rapport "Eating up the Amazon" et dénonce le rôle joué par la plus grande chaîne de restauration rapide du monde dans la destruction de la forêt amazonienne. Des semaines d'investigations menées par l'association écologiste à travers le monde, l'utilisation d'images satellites, le recours à la surveillance aérienne, l'analyse de documents gouvernementaux inédits et de multiples contrôles réalisés directement sur le terrain ont permis de démontrer clairement les implications du commerce mondial du soja sur la destruction de l'Amazonie.
Des militants de Greenpeace ont investi ce matin différents restaurants de la chaîne pour informer grand public et consommateurs afin de dénoncer et faire cesser immédiatement cette destruction industrielle de l'Amazonie.
Gavin Edwards, coordinateur international de la campagne Forêt de Greenpeace souligne ainsi le lien entre les activités de l'enseigne et la déforestation sauvage. "Mc Donald saccage l'Amazonie pour cultiver le soja nécessaire à l'alimentation des poulets qui seront ensuite transformés en Chicken Mc Nugget. Notre travail montre directement l'impact de la chaîne et de ses partenaires sur la forêt, ses éco-systèmes et sa formidable biodiversité."
Principales cibles visées, Archer Daniels Midland, Bunge et Cargill les trois géants américains du commerce mondial du soja. Cargill, leader dans ce domaine, ne s'est ainsi pas privé de passer des accords avec des fermes exploitant illégalement des territoires de la forêt amazonienne appartenant au domaine public ou aux populations indigènes. Certaines fermes ayant même été jusqu'à pratiquer l'esclavage pour arriver à leur fin.
Et c'est ce même Cargill qui a illégalement construit son propre port au cœur de l'Amazonie pour envoyer directement le soja vers son terminal anglais de Liverpool. Là, il est transporté vers l'éleveur industriel de poulet Sun Valley (détenu par…Cargill) qui se chargera de transformer les animaux en Chicken McNuggets ensuite redistribués dans tous les restaurants Mac Donald d' Europe.
Un rapport récent du journal scientifique Nature annonce que 40% de l'Amazonie seront détruits d'ici 2050 si les tendances actuelles de l'expansion agricole se maintiennent. Ce phénomène menace gravement et directement la biodiversité tout en contribuant sérieusement aux changements climatiques. Les monocultures de soja s'appuyant en outre lourdement sur des produits chimiques toxiques, elles polluant durablement les sols. Certains types de soja sont en outre génétiquement modifiés.
"Ce crime s'étend du cœur de l'Amazonie à toute l'industrie agroalimentaire européenne. Les chaînes de la grande distribution et les géants de la restauration rapide, comme Mac Donald, doivent désormais s'assurer que les aliments qu'ils commercialisent n'entraînent pas la destruction de l'Amazonie et ne portent pas atteinte aux Droits de l'Homme" conclut Ludovic Frère, chargé de campagne Forêts à Greenpeace France.
http://www.greenpeace.org/france/news/mc-donald-saccage-l-amazonie